Smoke jumper, joli jumper 2


        
«Quand on saute, on ne connaît pas
la durée de la mission»,
Sérioja, jumper russe.

-«Ce boulot va à l'encontre de toutes
les mesures de sécurité»,
admet Sérioja,
-«pourtant je crois que nous seuls pouvons être
 utiles vu la géographie de la région.»
A 31 ans,
avec son bon visage poupin et son accent
de fils de la taïga,
Serguei, ou Sérioja voire Sérioj
pour les intimes a déjà 12 ans
de parachutisme extrême derrière lui.

A le voir,
il est difficile d'imaginer
que ce bon père d'un fils de 7 ans
risque sa vie 5 mois de l'année
dans des conditions épouvantables
 pour éviter que ces forêts qui
semblent inépuisables
ne disparaissent dévorées par les flammes.

-«J'ai commencé par faire du parachutisme,
 puis j'ai entendu parler de ce boulot.
Et j'ai foncé»,
raconte-t-il simplement.

-«Nous sommes largués par équipe de 5 ou 6,
explique Sérioja,
avec du petit matériel comme des pelles,
des tronçonneuses
et une radio pour communiquer.
On ne sait jamais pour combien de temps en fait,
ça dépend de l'évolution de la situation sur place.
La première chose est de planter le camp de base
dans un endroit à l'ombre et proche d'un point d'eau.
Ensuite, il faut trouver des rivières ou des ruisseaux
pour éteindre le feu ou humidifier la zone autour.
Il y a beaucoup de dangers. J'ai déjà perdu 4 fois
mes affaires, elles ont brûlés»,
raconte gravement Sérioja.


-«Avec mon équipe nous avons fui sur des kilomètres
pour que l'hélicoptère puisse nous récupérer
 en terrain non brûlé
car le Mil-8 ne peut pas voler dans
un endroit où il y a de la fumée ou de la cendre.»

les parachutistes-pompiers sont payés au rendement,
c'est à dire au nombre d'hectares brûlés.
Ils ont donc intérêt à ce que la forêt brûle
pour gagner parfois 5 000 ou 6 000 roubles par mois,
c'est à dire environ 140 euros.

Mais si l'argent ne les préoccupe pas trop,
leur anonymat en revanche les énerve:
«Quand on voit que nos collègues occidentaux
sont considérés
comme des héros, explique Youri Séri
le para en chef de la base,
ça nous fait mal. Nous ici, personne ne nous connaît
et pour cause:
-"on fait notre boulot dans la taïga perdue loin de tout.
Personne ne voit ce que l'on fait.
Il a fallu les incendies monstrueux de 1998 pour
que les gens découvrent que l'on existe.» 

par Envoyé spécial Nicolas  TONEV  (à suivre...)

български икониБогородицаИкониподаръци

Smoke jumper, joli jumper

 

Comme d’habitude, le cinéma US  nous en met plein la vue.

Je viens de voir « L’enfer du feu » dans lequel une femme

devient pompier forestière parachutiste. A part le fait

que personne ne lui fait confe et qu’elle sauve tout le monde,

c’est le principe même des smoke jumpers qui me gêne.

Et je reste poli sur ce coup. Je ne remets pas en cause

le courage de ces gars sautant en parachute dans une nature ardente,

mais l’inutilité de leurs missions me saute aux yeux.

Dans ce film d’une débilité déconcertante,

un chef couillu décide d’aller sauver quelques arbres

avec son équipe.

Savez quoi?

Sont tous morts brûlés vifs, sauf le chef. Affligeant…

 

J’ai fais une petite enquête sur ces héros du feu de bois…

Intérréssant!!!

 

Ils sont apparus pour la première fois en Russie centrale,

dans les années 30, pour lutter contre les incendies qui ravagent

les millions d’hectares de cette région;

Témoignage:

Dans l'Extrême-orient russe, ce sont
des pompiers-parachutistes
 largués dans la taïga à proximité des incendies géants
 qui prennent tous les risques pour sauver la forêt .
Tant pis pour les consignes de sécurité.
Visibilité 70 mètres, plafond bas à très bas,
brouillard épais et humidité, le gros Mil-8
décolle quand même.
à 35 minutes de vol de la base là-bas
 quelque part dans
la taïga une équipe de pompiers largués une semaine
plus tôt a demandé à être évacuée d'urgence.
nous patrouillons en permanence le «pays»
pour repérer les fumées.
Et si l'on voit quelque chose,
une équipe de pompiers saute
et advienne que pourra. Notre tache est d'éteindre
le feu ou de le rendre maîtrisable le plus
rapidement possible avant qu'il
échappe à tout contrôle.
 Ce sont les étendues immenses de la région qui ont
créé ce corps de sapeurs-pompiers unique.
Il n'existe un corps de parachutistes-pompiers
qu'ici et aux Etats-Unis ou il est fortement
question de le supprimer а cause des dangers
 pris par les hommes».

(à suivre...)

Article 52 « Robinet de fermeture? »

Le Quid est en pleine forme.
Il laisse exploser sa verve,
plongeant dans l’expectative,
la plupart du temps, le jeune auditoire
qui n’y comprend goutte.


Cet étalage de savoir impressionne l’instituteur
 à qui, faut-il le dire, les arguments sont destinés.
 Capacité, puissance, débit, poids,
jusqu’à la pression des pneus, tout y passe.
 Il en est épuisant mais à réussi à attirer
des pompiers qui s’imprègnent,
qu’ils ont raison,
de ces informations qui leur tombe du ciel.
Ayant terminé de louer la technicité
avancée du monstre, le Quid descend
de son perchoir, démarre le moteur
et envoi la sauce.
C'est-à-dire l’eau, il va de soi.
Il a juste oublié une seule chose.
Un détail.

La lance, là haut, qui peut remplir
3000 bouteilles d’eau à la minute,
comme il l’a si bien imagé aux enfants,
ne possède pas de robinet de fermeture.
Tout ce qu’on lui fourni, elle le recrache aussitôt.
A 15 bars de pression, nous ne sommes pas loin
des prouesses annoncées, rapport aux bouteilles d’eau.
C’est avec une certaine délectation,
de la part des pompiers notamment,
que l’assemblée assiste au spectacle saisissant
du puissant jet d’eau jaillissant sans retenue,
droit dans le ciel.
A vue de nez, il doit bien s’élever
à une cinquantaine de mètres de haut,
avant de redescendre en une pluie battante,
qui inonde le lieu et baptise
jusqu’au plus infidèles d’entre nous.
Tout le petit monde s’éparpille afin d’échapper
à l’averse ‘made in The Quid’.

Et ce dernier, loin de se rendre compte
de sa monumentale bévue, choisie la solution
la plus évidente dans ce cas précis :
monter sur le camion afin d’orienter le jet dévastateur.
Trop de neurones entrave le flux de ses idées.
Il saute sur le canon et tourne la manivelle
afin d’abaisser le jaillissement intempestif.
Le jet, certes, s’abaisse. Mais c’est pour mieux
se projeter par dessus le toit de la caserne.
Et de l’autre côté, c’est la rue de laquelle
montent des cris de désapprobation.
Coups de frein et de klaxons,
les usagers de la voie publique semblent maudire
cet orage inopiné et très localisé.
Quelqu’un se dévoue bien pour baisser le régime
de la pompe du fourgon, mais comme nous le savons,
matériel neuf requière techniques nouvelles et
personne n’est vraiment performant quant à ces dernières.

Tant mieux, ça nous permet de rigoler encore un peu,
surtout le marmots qui n’ont jamais vu un tel spectacle.
Remarquez, moi non plus. l’artilleur voit bien que
son tire anti aérien disparaît
hors des limites autorisées.
Il hurle de couper l’eau tout en tournant la manivelle.
Le puissant jet frappe à présent les tuiles,
qui résistent tant bien que mal à l’agression,
puis explose contre la façade du bâtiment
qui abrite les chambres de garde.
Parmi les quelques pompiers se trouvant au cul de l’engin,
un appuie enfin sur le bouton coupant
automatiquement la pression. Le jet perd de sa vigueur,
et ce faisant, descend petit à petit le long du mur.
 Il détrempe les carreaux d’une fenêtre du deuxième
étage puis, continuant sa route descendante,
frappe aux carreaux de la fenêtre du dessous.
Par pure politesse, certainement,
cette dernière s’ouvre en grand,
absorbant goulûment le flot rafraîchissant,
comme le naufragé du désert aspirerait
son seau d’eau fraîche.

(à suivre...)
        

Episode 51 « Un champion monstrueusement doté »

-« Mais enfin… » s’offusque l’offensé.

-« Parce qu’il n’a pas hésité une seconde.
 Je touillais ma sauce et il m’a quasiment
 uriné sur les baskets ; et tout en pissant
dans l’évacuation de l’égout,
il m’a dit que c’était toi. ».       

Il est grand temps que se termine
 la visite. Les enfants sont dispersés,
l’Ours est agacé et le maître dépassé.
Seul le Quid semble inspiré,
face aux petits excités.
-« Il ne faut jamais faire que les sottises
 qui nous plaisent. » cite-t-il, partageant
les soucis du maître.
Brave futur papa ! 

Voici qu’arrive le clou du spectacle.
Dans un soucis de rendre la visite
un temps soit peu inoubliable,
créant peut être  ainsi des vocations,
fort nécessaires pour la relève future,
notre ami le Quid décide d’exécuter
une démonstration d’extinction.
Il invite le grouillant équipage à se rendre
dans la cour. Au centre de celle-ci est stationné,
majestueux, le dernier cri
des engins pompe grande puissance,
poids lourd rutilant aux allures de
tanker surpuissant. Aussi haut que large,
monstrueusement doté, ce champion toutes
catégories donne des envies de rallye,
le « Paris/ Dakar », pourquoi pas ?
Que ces bambins ont de la chance !
Les voilà devant le nec plus ultra
alors même que certains d’entre nous
n’en ont qu’entendu parlé. 

Debout sur le toit du fourgon, notre bonhomme
captive les regards. Ce piédestal luxueux
ne manque pas de valoriser le pompeux pompier,
qui surplombe hautainement son auditoire
taille basse. Mains sur les hanches,
il expose les capacités fabuleuses
de l’énorme lance qui trône entre ses jambes.
Ne subodorez point là quelques méchants
relents d’inspiration exhibitionniste ;
les enfants, vos enfants, je vous l’assure,
sont en de bonnes mains. 

Et s’il eut fallu que je décrivisse les caractéristiques
anatomiques du Quid côté entre jambes,
j’eus été bien en peine de trouvé les termes adéquats,
et certainement n’aurai-je utilisé les adjectifs
enflés et dithyrambiques si bien adaptés
à l’outil sus désigné, à savoir le canon à eau.
La cour semble bien petite pour cet énorme engin,
mais notre caserne du centre ville ne dispose
que de l’espace qui lui a été initialement attribué,
une centaine d’années auparavant.
Et les risques évoluant, eux aussi, avec le temps,
il faut bien s’adapter.

(à suivre…)
                             

Episode 50 « T’es pas mon papa… »



-«Allez, mon gars, faut descendre, viens dans mes bras. »
dit l’Ours en tendant ses grosses paluches.
-« Nan, j’ai pas envie. Et pis d’abord,
j’veux pas que tu sois mon papa. » boude le petit.
-« Faudrait que j’vois ta mère, pour te répondre.
Allez, l’morpion, saute. » insiste le pompier.
-« T’es toujours pas mon papa.
Et pis c’est quoi un morpion ? »
demande le court sur pattes.
-« Une saloperie d’ bestiole
qu’emmerde tout le monde. »
gronde le gros sur pattes en
attrapant l’insecte pour
le poser sur le sol. Aussitôt sur ses semelles,
le brailleur fonce vers l’instit.
-« Maître, maître, il a dit un gros mot, le pompier. »
dénonce l’élève.
Avec un sourire de complaisance, l’éducateur fait
montre de son extrême professionnalisme.
-«Et qu’est-ce que tu as entendu ? ».
Le merdouillon semble hésiter sur son
choix littéraire.
-« Heu ! Bestiole ? ».
Le maître lève des yeux sévères sur l’Ours.
-« Vous avez osez dire ça ? »
sermonne-t-il en souriant.
-« Je me suis un peu lâché. Je ne le redirai plus. »
promet le botté. Le petit garçon s’éloigne, satisfait.
Le quid, pendant ce temps là,
fait face à un tout autre problème.
Un mioche se tord les jambes en se pinçant l’entre jambe.
-« Que se passe-t-il, mon petit ? ».
-« Pipi… ».
-« Traverse la cour. C’est la porte du milieu.
Tu verras, il y a un grand lavabo. ».
Et le petit de disparaître à la vitesse d’un postillon.
Un autre nain tapote la cuisse du Quid. Le meilleur
pote du pisseux, sans doute.
-«Dis, monsieur, des fois,
t’as envie de faire caca, toi aussi ? ».
La question, dont la fraîcheur juvénile n’efface point
le caractère foireux, a été franche et plein de décibels.
 Elle n’a donc échappée à personne.
Intervention d’un accompagnateur.
-« Qu’est-ce que c’est que cette question idiote ? » .
Il semble si gêné que sa responsabilité
génétique vis-à-vis
de ce petit morveux ne fait aucun doute.
Le maître se chargera de
répondre à cette si existentielle interrogation.
Le Quid en est resté bouche bée et cul coi.
Julot, notre cuistot, revient en tenant par la main
le pince zizi qui avait son envie si pressante.
-« Le Quid, c’est toi qui à dit à ce jeune homme
qu’il devait pisser dans ma cuisine ? ».

(à suivre...)
                           

Episode 49 « Nous disons FPT… »


Le maître se bidonne plus que jamais.
Il a hésité, en début d’année, entre
 emmener sa classe au cirque,
ou visiter la caserne des pompiers.
Il ne regrette pas son choix.
Les clowns sont bien plus marrants ici.
-« Bien, maintenant nous allons
voir le FPT.» annonce l’Ours.
Réprobation de certains,
moue de dégoût pour d’autres.
L’Ours se retourne.
-« Et bien, quoi ? Qu’est-ce qui
vous chagrine, mes p’tits ? »
-« Monsieur, c’est qui qui va péter ? »
demande une petite fille au
grand type gros. Dans les rangs
des gnomes monte un râle de dégoût.
Pinçages de nez et tirages de
 langues en prime.
-« Personne ne va péter, ma petite.
Pourquoi tu dis ça ? ».
Le pompier, dont le raisonnement
n’est pas en phase avec celui des
 lilliputiens, se demande sur quel
terrain on l’entraîne. Il faut dire que
 les dialogues « pipi /caca »
de la classe biberon le gonfle sévère,
et que sa pédagogie de la jeune
enfance se limite souvent à
« J’t’y mettrais d’ces coups de
pieds au cul, moi ! ».
Donc plutôt limitée.
-« T’as dis on va voir celui qui fait péter. ».
Rire de la troupe de nains.
-«  C’est ce camion qui s’appelle
fourgon pompe tonne.
Et nous, nous disons FPT. »
précise le pompier gêné, et souvent
sapeur péteur. Il s’est sûrement
cru démasqué et ça l’a agacé.
-« Comme le tonnerre. » hurle
un mioche.
-«Pas vraiment. C’est un engin pour
envoyer de l’eau… ».
-« Comme le tonnerre. »
re hurle le mioche.
-« Oui, oui, bon d’accord,
comme le tonnerre, si tu veux, mon petit. »
râle l’Ours.
-« Monsieur, tu peux nous mettre la sirène ? »
-« Oui, oui, avec les éclairs sur le toit… ».
-« Bon, d’accord. Mais après,
vous êtes sages. » sermonne le guide.
Et vlan, éclatage de tympans.
Voilà nos deux pompiers entassant
dans la cabine la bruyante ribambelle.
Une fois dedans, aucun des
mômes ne veut céder sa place
afin que d’autres s’entassent.
Bon entraînement pour des
 premiers jours de soldes,
mais de là à les conditionner aussi tôt…
-« Soit vous descendez, soit vous
maigrissez, les loupiaux. Sinon les
petits copains ne pourront pas monter.
Il faudra utiliser un chausse pied
pour vous sortir de là. » informe l’Ours.
Seule solution envisageable : faire péter
le bouchon et désengorger le passage
en ouvrant la portière opposée.
Le résultat est efficace, seul un petit
rouquin semble vouloir faire
de la résistance.

(à suivre...)

           

								
							

Episode 48 « T’as un gros ventre… »

-« Et ben moi, ma tati, elle a dit que les pompiers y sont dragueurs… ».
Gentille petite fille. A côté, les copains malins se mettent la main devant la bouche pour rigoler.
-« Ah ! Bon. Et tu sais ce que ça veut dire, dragueur. » lui demande l’Ours en souriant.
-« Ca veut dire qu’ils racontent des blagues aux filles. » répond la coquine, très sûre de son propos.
L’Ours se gratte la gorge, irritation de l’humeur à défaut d’être aéropharyngée.
Que dire ? Que dire ?
-« Eh bien, quelqu’un qui raconte des blagues, cela s’appelle un blagueur. »
intervient promptement le Quid.
-« Ah ! bon ? ..Hé ben, quand même, ils font souvent l’amour aux filles. ».
L’Ours s’étrangle de surprise. Il est en train de virer au rouge pivoine.
-« C’est ta tati qui t’as dit ça ? ».
-« Nan, mais je le sais… ». Les petites copines s’esclaffent.
Le pompier, franchement gêné, décide d’en savoir plus.
-« Mais, qu’est-ce que ça veut dire, faire l’amour ? ».
-« Ca veut dire qu’ils s’embrassent avec la bouche… ».
Eclat de rire des copines. Soupir de soulagement de l’Ours.
-« Et bien oui ! Les pompiers aiment bien embrasser les filles. ».
Il écarte les bras, et tout en poussant un grognement, fait mine d’attraper les ricaneuses.
C’est l’éparpillement général, sur fond de cris stridents.
Vite, passer à autre chose. La grande échelle, voilà un truc qui va plaire à ces charmants bambins.
-« Lorsque la grande échelle est déployée à fond,
les pompiers peuvent atteindre le neuvième ou dixième étage de certains immeubles. » expose Nounours.
-«Nous devons nous entraîner et faire beaucoup de sport afin d’ètre capables
d’escalader jusqu’en haut.» renchérit le Quid.
-«Alors, toi, tu peux pas. » lance un fripon en désignant l’Ours.
-« Pardi, mon p’tit, sûr que j’peux. ».
Le Quid s’inquiète.
Si on agace l’animal, il est possible qu’il se mette parler un drôle de patois,
interlocuteur de 5 ans ou non.
-« T’as un gros ventre, comme mon papi… » réplique le petit.
Oh ! Le déloyal garnement. S’en prendre ainsi à ce que notre homme met en pôle position sur la liste
de ses préférences anatomiques. C’est dur ! S’en suit un échange verbal digne d’une cour de récré,
où chacun veut avoir le dernier mot.
-« Mais, j’suis sûr que ton papi, y fait plein de choses. ».
-« Il va ramasser des champignons… ».
-« pareil pour moi. » coupe l’Ours.
-« Il va à la pêche… ».
-«Pareil pour moi. ».
-« Il va à la chasse avec son copain. ».
-« Tout pareil. » sourit l’Ours en se tapotant le sternum de l’index.
-«Il mange trop d’andouillettes. ».
-« Pareil pour…Comment trop d’andouillettes ? »
s’étonne le gros homme en fronçant les sourcils.
-« C’est mamie qui le dit. Et en plus, il boit du vin. ».
-« Il faudra que tu me présentes ton papi, p’tit.
C’est un homme exemplaire. S’il y avait eu l’échelier, j’aurais pu faire une démonstration. Il est absent pour le moment. » précise, d’un air sérieux, l’Ours, à l’encontre du maître, qui, depuis le début de la visite, se fend bien la poire. L’enseignant comprend bien que le pompier, depuis fort longtemps, préfère descendre des andouillettes que d’effectuer des grimpettes. Etant par ailleurs lui- même échelier, le guide sapeur se garde bien de passer à l’acte ; et puis quoi, encore !
-« Nous pouvons aussi adapter un brancard sur la nacelle de l’échelle, pour descendre une personne allongée. Vous savez pourquoi ? » demande le Quid.
-« Parce qu’elle a mourut. » lance une voix.
Le Quid sourit.
-« On ne dit pas ‘elle a mourut’ » précise-t-il.
-« Elle EST mourut ! » corrige une autre voix.
-« Non, pas parce qu’elle est mourut, non plus. ».
-« Parce qu’elle est morte ! » lance une troisième voix.
-« Oui, voilà, parce qu’elle est morte. Oui, mais non, pas parce qu’elle est morte. C’est comme cela qu’il faut le dire. Mais si elle était morte, on ne la descendrait pas par la grande échelle. Enfin, si, des fois, ça peut arriver. Mais celle dont je vous parle, ce n’est pas parce qu’elle est morte… ». Les gamins, silencieux, cherchent à déchiffrer le charabia.

(à suivre…)

Le FDNY en folie

Rescue me, saison 7, déjà…

Quoi !
Vous ne connaissez pas la serie Rescue me…

En cette période du souvenir du 11 septembre 2001,
les aventures de ces pompiers new-yorkais,
rescapés,
il faut le dire, des attentats, est pour moi
un bel hommage à ces hommes qui sont
passés près de la mort.

Dans ce feuilleton,
pas de héros, pas de glorification,
juste des hommes
psychologiquement ébranlés par ce
qu’ils ont vécus et dont les faiblesses
sont mises en avant.

Certains personnages semblent un peu débiles,
ne sait pas pour l’un s’il est
homo ou hétéro,
qu’il a une petite fille
d’une
première liaison pour l’autre…
Capricieux, peu ambitieux,
le plus remarquable
d’entre eux est Tommy.
Alcoolique, camé aux médocs,
divorcé, père copain et bagarreur,
il n’en est pas moins un pompier
plein d’ardeur et un sauveteur hors paire.
Ce qui lui vaut l’attirance
des femmes qu’il culbute sans état d’âme.


Pour décor de fond une caserne d’un autre
âge du centre de New-York
et les vieux immeubles de Manhattan,
l’action opérationnelle n’est pas omniprésente.
Donc pas de héros en veux-tu en voilà. Par contre,
les rapports entre les pompiers et leur
hiérarchie, on connait;
les hommes entre eux, les blagues
et autres facéties, on connait,
le héros avec les membres de sa famille,
son divorce, on connait pour la plupart d’entre nous.

Bref, ces pompiers new-yorkais, c’est un peu nous.

I LIKE IT!!!
Tégé

Episode 47 « Des petits brailleurs excités »

-« Et si tu fais des jumeaux ? Tom 1 et Tom 2, peut être ? ».

L’officier de jour s’approche du groupe, coupant court à la joute verbale.

-«Je vois que vous êtes branché gamins. Il y en a une ribambelle qui vient visiter la caserne, cet après midi. Le Quid et l’Ours, votre groupe d’intervention est mis indisponible. Vous vous y collez.».

On ne peut pas avoir mieux, comme guide. L’intello et le rustique. Duo d’artistes étonnant et détonnant. L’Ours, aussi surprenant que cela puisse paraître, ne râle pas trop. La pensée que des maîtresses et des mamans accompagnent les mioches adoucit ses réticences. Le relationnel scolaire présente certains avantages que nos deux zigotos ne manqueront pas de mettre à profit pour que la corvée ne soit point si pénible.

Quatorze heures. Devant les halls de départ, c’est l’effervescence. Des petits brailleurs excités, entre cinq et six ans, attendent, dans une ambiance de poulailler, que leurs guides en uniforme viennent les accueillir. Et quel bonheur que de se rendre compte que les accompagnatrices sont, en fait, des accompagnateurs. Alors là, ça ne plaît pas tellement à l’Ours qui prend son masque des mauvais jours. Lui qui se voyait jouer le beau mâle, se contentera de ravaler ses râles. Côté pédagogie, l’Ours, éduqué en brousse, paraît quelque peu handicapé dans le vocabulaire de la petite jeunesse.

Le Quid, sorti des mots à dix syllabes pêchés dans des ouvrages impitoyables pour les non érudits, est tout aussi désarçonné. Devant le corps enseignant, il recherche le bon verbe, conjuguant ces derniers en des formes que seuls les rois de France, en ces lointaines périodes de délicatesses et de renaissances, eussent communément usité , face aux nobles perruqués, tout de talc saupoudrés. Mais à tout sapeur, tout honneur, la mission s’accomplit dans la joie et la…hum !.. bonne humeur. Au milieu de milliards de questions.

-« …et voilà donc à quoi servent les VSAB. Des questions ? » termine l’Ours. Trente doigts se lèvent derechef. Diable, quelle soif de savoir, se dit le pompier en choisissant un doigt.

-« Et ça mange quoi, un pompier ? ». Silence d’une nécessaire réflexion.

-« Ben moi, j’aime bien la cervelle et le foi de veau… ».

-« Beurk !!! ». La réaction est unanime. Il va nous les faire dégueuler, ça ne va pas faire un pli.
Autre doigt, autre question.

-« Tu dors avec tes habits ? ».

-« Ouais ! Et je prends même ma douche avec. ».

-« Ah ! Bon ? ». Tous les petits yeux s’écarquillent.

-« Mais non, c’est une blague. Tout nu, comme tout le monde. » ricane l’affreux. Dans l’esprit de ces gamins, pour qui dodo est synonyme de doudou et de pyjama, s’imaginer leur interlocuteur nu comme un ver, lit ou pas, c’est s’imaginer l’instituteur dans le même état, en classe, pourquoi pas. Certains gloussent, d’autres dévisagent le pompier, se demandant bien ce que ce gaillard est en train de leur raconter.

(à suivre…)

Episode 46 « Défenseur des traditions »

-« Merde, mais qu’est-ce qui vous à pris de paniquer comme ça ? » je le questionne, furieux.

Il baisse la tête. Son menton commence à trembler et soudain, des larmes dévalent de ses yeux comme la pisse du cul d’une vache.

-« J’suis désolé. » qui sanglote, l’idiot. Vous savez ce que c’est que de se trouver con devant un type à qui vous vouliez casser la gueule deux secondes auparavant. Et bien, c’est frustrant. Je me tourne vers le contrôleur.

-« Il est bien de chez vous, au moins ? ».

-« Oui, oui. Il est en pleine dépression et aurait dû être mis depuis longtemps en arrêt de travail. ». Les flics sont mis au courant lorsqu’ils reviennent. Ils ordonnent au fauteur de trouble de s’asseoir à proximité tandis que nous tapons le carton, histoire d’évacuer les tensions. Monsieur dépression me tape sur l’épaule.

-« Je sais que je suis en état d’arrestation, mais est-ce que je peux me rendre aux toilettes ? ».
Nom d’un chien ! Encore lui, alors que c’est atout pique et que je viens de me faire bouffer mon deuxième As.
Arrêt pipi, arrêt maladie, arrêt au port, tout, mais qu’il arrête de nous les briser…

-« Tu sais que tu nous les brises ! » râle l’Ours à l’encontre du Quid. Le Quid, c’est…comment dire…celui qui énerve parce qu’il se prend pour une encyclopédie. Intarissable sur tous les sujets, il est le référent que l’on se doit de consulter en cas d’ignorance passagère. Il sait tout sur tout, les textes de loi comme les formules chimiques, se mêle de tous les sujets et a un avis sur tout. Cormorans nuisibles ou non, chasse des oiseaux migrateurs ou non, Winnie l’ourson dans les Pyrénées ou non, bref, ces sujets , oh combien sensibles pour les amoureux de dame Nature opposent depuis peu l’encyclopédie ambulante au groupe de chasse et pêche de la caserne.

L’Ours, de par sa rusticité légendaire, et son bon coup de fusil, il faut bien le dire, en a naturellement la présidence. Les membres les plus actifs de ce groupuscule défenseur des traditions telles que battues forestières et amorces de rivière sont, en ce jour, la Ronche et la Gonflette.

-« Qu’allez-vous léguer à vos petits enfants ? » se plaint le Quid.

-« Occupe toi de faire des enfants avant de te préoccuper de nos petits enfants. » le coupe la Gonflette, président, pour sa part, de la ligue des célibataires de longue durée.

-« C’est d’actualité, très prochainement. » informe, non sans fierté, le doux pédant.

-« M’sieur Encyclopédie va nous faire un p’tit Robert. Dieu nous préserve ! » se moque l’Ours.

-« Le sexe n’est pas défini. Et si c’est un garçon, ce ne sera pas Robert. » précise le futur père.

-« Si c’est une fille ? » demande la Gonflette.

-« La Rousse. » grogne la Ronche.

(à suivre…) lmablh-5.jpgКартиниПравославни иконииконописikoni